13 mars 2009
Château Rocher
" Au fil de la Sioule "
Nous quittons Châteauneuf-les-Bains , cap au nord.
Lisseuil a une toute petite église qui ne se distingue des autres maisons du village que par son pignon surélevé abritant deux cloches.

C'est un "clocher-peigne", appelé aussi "clocher-mur"
Mais dans le choeur est conservée une splendide vierge en majesté du XIIIe siècle, en bois.
Ce n'est d'ailleurs pas le seul trésor du village, et le curé ne manque pas de nous le faire savoir :
Voilà qui est intéressant, mais nous ne pouvons nous attarder, car le but de la promenade, c'est Château Rocher :

Point de vue situé sur la route de Montluçon, dans la descente vers Pont de Menat
En longeant la Sioule, vous ne le verrez pas sous cet angle, mais plutôt ainsi :
Non, pas vraiment, car là, c'est dans l'autre sens, en venant de Pont de Menat. En fait, en partant de Lisseuil, vous ne le verrez qu'au dernier moment, en sortant du parking aménagé à Blot Rocher. Auparavant, vous aurez traversé Saint-Rémy-de-Blot, où Laetitia Casta en personne se tient prête à vous indiquer le chemin :
Voilà, nous y sommes !
Le château a été construit au XIe siècle par Archambault le Fort, et renforcé au XIIIe. On voit encore des traces du système de défense, constitué par plusieurs murs d'enceinte et fossés, du côté est :
A l'ouest, pas de problème défensif : c'est une falaise au-dessus de la Sioule.
Toutes ces précautions n'ont pas empêché, pendant la guerre de Cent Ans, la prise du château par des mercenaires à la solde de l'Anglais. Et très vite, avant même que Richelieu pense à la détruire, la forteresse fut abandonnée.
Et qui vint ensuite hanter ces lieux inquiétants, les nuits de pleine lune ? Mais le Diable, bien sûr ! C'est du moins ce que dit la rumeur, colportée par l'office de tourisme du pays de Menat sur son panneau d'information :
" On voyait alors s'élever dans les cieux d'immenses flammes, rouges, énormes et interminables jusqu'à se perdre dans les nuages.
Autour du feu, boucs, sorciers et damnés formaient une ronde ; leurs ombres se dessinaient parmi les ruines, en jouant avec les rochers.
Pour s'en être trop approchés, certains paysans devinrent aveugles ; ces soirs-là, dans les chaumières, on tremblait..."
La Sioule, elle, garde son calme, formant un joli méandre qui précède celui de Rochocol, que nous pourrons observer depuis Navoirat, sur l'autre rive atteinte en traversant le pont romain de Menat ... une prochaine fois !
09 septembre 2008
Châteauneuf-les-Bains
Dans la série "Au fil de la Sioule", continuant vers le nord après Queuille, j'aborde maintenant à Châteauneuf-les-Bains : une rue dans la vallée, rive gauche, ponctuée d'une série de petits hameaux des deux côtés de la rivière.
Le garçon de café traverse sans arrêt la rue, de la belle terrasse de l'hôtel du Château jusqu'au balcon sur la Sioule, sans doute pour surveiller le passage des truites, qu'il ne faut pas confondre avec les jeunes saumons. Plus loin, s'affairant au milieu de ses palettes devant la petite usine d'embouteillage, l'autochtone est un grand Noir bien baraqué. Quelques touristes - voire curistes, mais y en a-t-il vraiment ? - passent, nonchalants.

La truitelle et le tacon
Pour info, la taille minimale des captures de truites est ici de 28 cm
Au bout de la rue, près d'un pont donnant accès à un camping, un circuit de découverte m'est proposé : je vais donc le tester, et vous informer comme dans les magazines, avec points forts, points faibles, et même les "incontournables", mais oui !
- Le point fort : le panneau.
Il est précis, il met l'accent sur les choses à voir : c'est bien utile lorsque l'office de tourisme est fermé, et il m' a donné envie de suivre le parcours (j'espère que vous arrivez à le lire - n'oubliez pas que vous pouvez agrandir en cliquant sur l'image).
- Le point faible : les panoramas de la grande boucle.
Le parcours est si peu fréquenté que l'habitant que je rencontre croit que je sors du camping et se préoccupe de me remettre dans le droit chemin. Non, je suis un simple promeneur, qui sera bientôt un peu déçu. On pardonne à ce circuit d'être en grande partie sur du goudron, et d'être mal balisé. Mais il nous fait miroiter des panoramas qui dans la réalité sont bien ternes.
Le premier est censé nous offrir une vue sur la presqu'île de Saint-Cyr, ce joli méandre à la sortie du village :
Voici ce que nous propose le croquis, et ce que l'on voit en réalité :
Désolé, mais la Sioule n'est pas du tout visible, pas plus que la presqu'île, et oser représenter l'église Saint-Cirgues comme un petit édifice sur un promontoire, alors que c'est une ruine enfouie dans les ronces, me semble relever d'une évidente mauvaise foi !
Mais, optimiste, je me dis que la végétation s'est épaissie, c'est tout, et je vais un peu plus haut, jusqu'à la Croix Rouge, et là ça commence très bien, puisqu'elle n'a même pas été repeinte en bleu :
Mais pour le panorama, il n'y a encore une fois pas grand-chose à distinguer dans la verdure, alors que pourtant je fais l'effort de me hisser sur le socle étroit de la croix :
Pour être tout-à-fait honnête, je dois dire qu'en redescendant j'ai aperçu la Sioule :

Si, si, c'est ce petit reflet bleu au centre de la photo !
Mais un troisième point de vue m'attend, et là je comprends que c'est un sadique qui a conçu le parcours. Voici ce qu'on me propose :
Mais ai-je la berlue ? Le château a complètement disparu, et l'église, tout juste discernable, est orientée différemment :
C'est qu'ici je suis à Gobiat, alors que le dessin me montre la vue que j'aurais depuis La Montjie, sur l'autre rive. En somme, on me dit que je suis bien bête d'avoir suivi le circuit proposé, alors que de l'autre côté, c'était tellement plus intéressant !
Malgré tout, la fin de la boucle est très plaisante : un chemin ombragé redescend vers les maisons, où j'admire l' atelier d'un cordonnier à l'ancienne, à la simple enseigne "Le Bouif" (qui désigne, en argot, le cordonnier).
Et c'est par un charmant petit pont de pierre, de fer et de bois, que je rejoins la rue principale.
Les "incontournables" !
D'abord il faut monter au pic Alibert, du nom d'un rhumatisant qui a a fait élever à cet endroit une statue de la Vierge, pour la remercier de l'avoir conduit à Châteauneuf, où enfin des eaux efficaces l'ont guéri. Ici on voit la Sioule et l'amorce du méandre.
Ensuite, il faut prendre le chemin de l'église Saint-Cirgues - pas pour le monument, dont j'ai déjà dit qu'il n'était que ruines - mais pour le point de vue tout proche.

La fameuse église Saint-Cirgues

Vue vers le pic Alibert (au centre)
Dans les environs, dans l'étranglement créé par la rivière, se trouvent aussi le parc et l'établissement thermal. Bonne promenade, et à vous, chers camarades perclus de rhumatismes, bonne guérison !
17 mars 2008
Au fil de la Sioule : début
Venant du sud, près du lac de Servières, c'est la Sioule. A l'ouest, prenant naissance près de Giat, c'est le Sioulet. Les deux se rejoignent au pont du Bouchet. A quelques kilomètres en aval, c'est le barrage et le viaduc des Fades, puis une série de méandres, parmi lesquels le très photogénique méandre de Queuille. Les ruines de Château Rocher apparaissent, et à partir du pont de Menat, ce sont les gorges de Chouvigny. Ensuite, on serpente paresseusement jusqu'au-delà de Saint-Pourçain, pour aller alimenter l'Allier, mais nous resterons dans le Puy-de-Dôme : il nous faudra plusieurs étapes pour le traverser.
De la source au pont du Bouchet
Avant d'absorber la Miouze - à La Miouze bien sûr - la Sioule est bien mince, et c'est la surtout la dénomination des lieux qui fait remarquer qu'ici passe un cours d'eau, à Pont-des-Eaux, puis à Pont d'Olby. C'est la Haute Sioule, fréquentée surtout par les pêcheurs, qui ne dérangent pas la loutre, dans le seul habitat qu'elle a pu conserver dans le Puy-de-Dôme.
Le premier château planté sur les hauteurs environnantes est celui de Bonnabaud, costaud mais discret :
La rivière arrive sans se presser à Saint-Pierre-le-Chastel, où un belvédère permet d'apprécier ses contorsions :

L'église entourée par le cimetière est au sommet de la butte
Elle arrive à Pontgibaud, où une promenade a été aménagée :

La cheminée est un vestige de l'exploitation du plomb argentifère effectuée jusqu'à la fin du XIXe siècle.
Un musée de la mine est installé dans les dépendances du château Dauphin.

Une maison à échauguette du XVe siècle
Peu après c'est un pont autoroutier qui enjambe la vallée.

Le viaduc est haut de 135 mètres, sa longueur est de 990 mètres ; il a été ouvert à la circulation en janvier 2006. On le remarque de loin, notamment du sommet de la banne d'Ordanche, à 26 km à vol d'oiseau
Puis la Sioule arrive à Montfermy ; j'ai déjà décrit cette partie du parcours : ici.

La Sioule vue depuis le belvédère des Ancizes
Peu avant le pont du Bouchet, elle rejoint le Sioulet qui forme déjà, grâce au barrage des Fades, un vaste plan d'eau propice à la baignade.
Le Sioulet en aval de Pontaumur
Une randonnée de deux heures part de Pontaumur, sur la place du monument aux morts ; elle longe la rivière, rive droite, la traverse par le pont de Pellefort, et revient au point de départ en offrant de belles vue sur les gorges, puis sur le village dominé par son église.

En février, le sentier est tapissé de perce-neige
Plus bas, au départ de Miremont, une rando de trois heures est conçue de la même façon (elle a un parcours commun avec la première, pour le passage sur la rive gauche).
Aux alentours du pont du Bouchet
Encore deux parcours à ce niveau : l'un qui part du pont du Bouchet sur la rive gauche du Sioulet (je ne le connais pas), et l'autre qui part de l'église de Comps, redescend près du pont, et remonte - c'est raide - à travers bois.

Dans l'entrée, on trouve une cloche délogée du clocher en 1969, car elle était fêlée

Vierge en majesté du XIIIe siècle
Fin de la première étape ......................................................... A suivre
30 novembre 2007
Ponteix
Guide Chamina "Région Clermontoise", n° 20
( environ 3 h en poursuivant jusqu'au sommet du mont Redon)
Décidément, les villages de la commune d'Aydat réservent bien des surprises. Après Rouillas-Haut et ses fables, voici Ponteix, avec l'église Notre-Dame d'Auvergne - la plus haute de la province -, sa statue de la Vierge, et un gentil plésiosaure pour nous accueillir. Vous ne me croyez pas ?
Au commencement, il y avait Montredon, château-fort à 800 m d'altitude, dominant les alentours.
Aujourd'hui, il n'en reste que quelques morceaux,
mais lorsque l'on arrive au sommet, où une croix a été installée,
le panorama est superbe.

Vue vers l'est, de Veyre-Monton à Saint-Saturnin

Vue au nord, sur Rouillas-Bas et Rouillas-Haut
Mais revenons à l'église. A priori, ses proportions ne sont pas gigantesques :
La Vierge est bien présente ; Jeanne d'Arc aussi d'ailleurs.
Je n'ai pas vu le plésiosaure, mais des serpents hideux, très difficiles à étouffer :
En ce début du XXe siècle, l'abbé Royer, curé de la paroisse, avait depuis longtemps vaincu ces horribles créatures, et il semblait s'ennuyer un peu.
Il lui vint l'envie d'aller fonder une colonie en Algérie. Cela ne s'est pas fait, et c'est tant mieux, car il aurait fallu repartir au moment de l'indépendance. Tandis que dans la Saskatchewan, une lointaine province de l'ouest canadien, le réduit gaulois qu'il a créé, et appelé naturellement Ponteix, persiste à résister avec vaillance à l'immense majorité anglophone, fort de ses 299 Fransaskois, dont une poignée d'Auvernois.
Et l'église se dresse au-dessus de la plaine, visible à mille lieues à la ronde :
Et à l'intérieur trône la pietà du XVe siècle qui, offerte par l'abbé, a miraculeusement échappé d'immenses dangers.
Et c'est bien un plésiosaure, aussi vivant que le monstre du Loch Ness, qui marque l'entrée du village.
Étonnant, non ?
Liens :
- L'épopée canadienne d'une poignée d'audacieux Aydatois
- Tourisme Fransaskois dans la région de Ponteix
05 octobre 2007
Saint-Floret
Saint-Floret a été retenu parmi les "plus beaux villages de France", de même que (pour le Puy-de-Dôme) Montpeyroux, Saint-Saturnin et Usson.
Ci-dessus, c'est ma photo, neutre, prise sous un ciel voilé.
Mais je préfère la dramatisation apportée par les ombres crues et l'absence de verdure, dans la photo de Michèle, sur fond-ecran-image.com,
reproduite ci-dessous :

Une photo plus ancienne, avec mon premier appareil numérique
Deux balades partent du village.
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La boucle qui remonte au nord vers Clémensat (Guide Chamina "Lembron et Pays des Couzes", n° 10) est courte ; elle offre de belles nuances de couleurs dans les parcelles cultivées.
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L'autre balade (Guide Chamina "Lembron et Pays des Couzes", n° 9), d'environ trois heures, monte au sud vers l'église du Chastel. Dans le cimetière attenant, des tombes rupestres du Moyen-Âge ont été mises au jour :

(Rappel : cliquer pour agrandir)
On s'éloigne du site, en allant vers Orphanges.
Chazeras n'est pas sans intérêt :
Sur le chemin du retour, en approchant de Saint-Floret, on retrouve la croix présente sur le panneau réalisé par le Conseil Général :
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Le village s'étire le long de la couze Pavin,
où au mois de mars fleurissent les prunus :
Au bout de la rue en direction d' Issoire, une autre croix, massive :
J'aime particulièrement le vieux pont de la Pède, avec l'oratoire et sa Vierge du XIIe siècle :

Je la reprends en photo à chacun de mes passages, en tentant d'éviter les reflets
(pas facile !)
Il faut aussi monter jusqu'au château, en espérant que la salle des fresques soit ouverte. Il est possible de pique-niquer sur une petite aire coincée entre l'église et la roche (drôle d'idée quand même !).
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La visite n'est pas finie : il reste encore à voir la source, ferrugineuse et salée, de la Tête de Lion, un peu plus loin en direction de Saurier, en garant la voiture sur l'aire de repos à gauche de la route.
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* Le commentaire ci-dessous n'a pas été placé au bon endroit : il concerne la page intitulée "L'écosystème"
18 décembre 2006
Le château de La Chaux-Montgros
Guide Chamina « Monts du Livradois-Forez », n° 35
A Pierre Courtesseyre, maire de Sallèdes
Il me plaît bien, ton château. Tu es parvenu à le faire classer monument historique, ça n'a pas dû être facile, même s'il le mérite incontestablement. Tu l'as trouvé en ruines, et tu l'as restauré, c'est bien. Moi, je le préférais sans ses toits tout neufs agrémentés d'une génoise, mais ça ne compte pas.
Tu poursuis ton oeuvre, et tous les ans, en juillet, tu organises au château une grande fête qui attire beaucoup de monde. Sois vigilant, quand même, ne te laisse pas encore une fois voler la recette.
Il te reste maintenant à redresser ton église biscornue - vaste entreprise - et à faire reconnaître que c'est bien dans l'ancien cimetière de la commune qu'a été enterrée la reine Margot. Ce sera tout aussi dur, vu qu'elle est morte à Paris dix ans après la fin de son exil auvergnat.
Allez, courage mon ami !
(Photos du 26/4/2004)



































































































