30 octobre 2009
Collection de papillons, du fadet à la pudibonde

- fadet commun ou procris
Ici, au jardin sur un arbre à papillons, le 14 août 2009, c'est peut-être bien le fadet. Mais d'autres sont très ressemblants : l'amaryllis, le myrtil et le céphale.
Celui-ci, observé aux alentours de Nadaillat le 13 août 2008, est particulier : le rond noir sur les ailes antérieures comporte deux points blancs, au lieu d'un seul habituellement. Mais bien sûr, c'est justement le critère qui permet d'identifier l'amaryllis à coup sûr !

- gamma
Il doit son nom à la tache blanche qui, sur ses ailes antérieures, rappelle la forme de la lettre grecque gamma.
Celui-ci a pénétré chez moi le 12 juin 2009. Sa chenille, qui opère la nuit, est une ravageuse des cultures légumières.
n
- géomètre à barreaux
C'est un papillon que je n'ai pas observé dans la région, mais à Narbonne le 17 septembre 2008.
v
- grand nègre hongrois ou moiré blanc fascié
A Super-Besse, le 29 juillet 2007
Ici, dans la cheire du puy de Côme le 19 juillet 2009,
je ne suis pas sûr que ce soit le même.

- machaon
Au puy Saint-Romain, le 7 septembre 2008 ...
... mais aussi à Port-Vendres, au cap Béar, le 27 juin 2007
- méticuleuse ou craintive
Celle-ci était dans mon jardin, sur une fleur de zinnia, le 3 octobre 2009. Mais on rencontre plus fréquemment sa chenille verte bien dodue.
n

- noctuelle de la patience
A Clémensat, le 30 septembre 2007


- paon du jour
Depuis que je l'ai observé à divers stades de de son évolution (voir Métamorphoses 1 et 2), nous sommes devenus amis. Dès la deuxième quinzaine de mars, il revient au jardin, et je le rencontre souvent au hasard des chemins. Il me fait alors le plaisir de m'accompagner un moment.
k
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Le 9 avril 2009 sur les aubriètes

Le 27 septembre 2008, un petit coup de froid l'incite à revenir
se protéger dans la cabane de sa naissance
n
- petit collier argenté
Le Vernet-la -Varenne, le 27 mai 2007
Saint-Bonnet-le-Bourg, le 24 août 2008
n
- petit paon de nuit
Celle-ci, à Six-Fours-les-Plages, le 30 juin 2009, traversait imprudemment la route forestière - heureusement interdite aux véhicules - menant à la chapelle Notre-Dame du Mai.

(Wk)
b
- phalène du sureau
La chenille trompe son monde, d'abord en ne mangeant pas forcément les feuilles du sureau, mais en se régalant aussi de celles de mes rosiers, comme ici le 24 septembre 2009.
Ensuite, elle tente de passer inaperçue,
en imitant les tiges de la plante qu'elle a choisie.
Pas mal, mais elle devrait aussi imiter les épines.

(Wk)
h
- phalène hardie
Près de la Godivelle, le 10 juin 2007
n
- phalène picotée
Toujours à la Godivelle, même date
,
- piéride du chou
A Olloix, sur un géranium dans les gorges de la Monne, le 28 mai 2007,
tu es bien belle.
Mais au jardin le 13 août 2008, je n'apprécie guère que tu t'approches ainsi,
l'air de rien, de mon rang de choux.
g
- ptérophore blanc

Le 31 août 2007 (déjà montré)
n
- pudibonde ou orgyie pudibonde ou patte étendue
A Gelles, le 11 octobre 2009
Avec ses quatre brosses sur le dos, elle est bien de la même famille que l'étoilée, qui terminait la première série. Et elle aussi est urticante.

Et voici pourquoi on l'appelle parfois patte étendue
(A suivre)
Nota : Les photos ajoutées aux miennes sont toutes issues de Wikimedia Commons, et repérées par les lettres Wk.
20 octobre 2009
Collection de papillons, de l'azuré à l'étoilée
Du ciel d' azur à la nuit étoilée, n'est-ce pas poétique pour évoquer des papillons diurnes et nocturnes ? En fait, c'est le résultat d'un simple classement alphabétique, arrêté dans un premier temps à la lettre E. Cet ordre est purement aléatoire : je n'ai pas retenu le nom scientifique, mais l'appellation courante ... Or, en français, ces papillons ont toujours plusieurs noms, souvent dérivés des couleurs qu'ils arborent. Par ailleurs, j'ai pu commettre des erreurs d'identification ; n'hésitez pas à me les signaler !
- azuré commun ou argus bleu, ou azuré de la bugrane
A Mirefleurs, le 7 septembre 2008
;

- belle-dame
C'est un papillon migrateur, qui ne s'arrête pas régulièrement chez nous. Mais cette année, il a fait un passage très remarqué partout en France. Le 12 mai, un petit groupe faisait halte sur mon lilas fleuri.
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- bombyx à livrée
Le 19 mai 2007, à Villossanges

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- bombyx de la ronce
Le 11 novembre 2007, à Madriat

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- bombyx du chêne
Le 13 août 2008, à Nadaillat
Le 3 juin 2009, à Beaumont

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- bombyx disparate
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Chez moi, le 29 juillet 2008, il reste bien isolé. Mais dans le Var, certaines années, sa chenille peut faire de gros dégâts :
(Var Matin du 8 juillet 2009)
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- demi-deuil
En haut, à Saint-Gervazy, le 27 juin 2008. Et en bas, mais beaucoup plus bas sur la carte de France, près de Narbonne le 25 juin 2009.
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- écaille chinée
C'est un papillon de nuit qui butine aussi le jour, comme ici à Saint-Hérent, le 27 août 2006.
A la maison, discrète mais souvent présente, l'écaille chinée prend ses aises, jusqu'à s'installer le 30 août 2009 sur un batik rapporté du Sénégal, dont les couleurs lui ressemblent tant qu'on a l'impression que le tableau attendait qu'elle vienne y apporter la touche finale. Depuis, elle n'a pas bougé : peut-être est-elle venue mourir ici.
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- écaille pourprée
Dans mon jardin elle ne montre que du jaune tacheté de noir. Mais parfois elle étend ses ailes ...
... et laisse apparaître le rouge dans d'autres conditions que sèchement clouée sur une planche, je l'espère pour elle.
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- écaille tigrée
J'adore cette élégante qui m'a rendu visite le 6 juin 2007, en se plaquant à la fenêtre du salon (je l'avais déjà montrée).
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- éphémère
Je ne crois pas qu'elle se risque à affronter les rigueurs du climat auvergnat. Ici, c'est à Narbonne, le 14 septembre 2007.
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- étoilée (orgyia antiqua)
Le 15 août 2008, la chenille stationnait sur un muret. Déjà bien protégée par ses avertisseurs rouge vif, ses soies urticantes, et ses quatre brosses jaunes sur le dos, elle a montré son mécontentement en sécrétant une grosse goutte de liquide toxique.
Le papillon est moins remarquable, surtout la femelle qui n'a même pas d'ailes et reste quasiment immobile. Elle se borne à émettre des phéromones pour attirer les mâles, et ensuite pondre sur place des centaines d'oeufs. Voici l'accouplement :
(à suivre)
Nota : Les photos ajoutées aux miennes sont toutes issues de Wikimedia Commons, et repérées par les lettres Wk.
13 septembre 2009
Les marmottes
Les marmottes sont bien présentes dans le massif du Sancy, mais en général on ne les aperçoit que furtivement, et moi, assez myope et un peu lent au au déclenchement, je n'avais pu en obtenir que cette pauvre photo.
Et puis, Nono est arrivé !
Ce randonneur aguerri a pu les observer et a publié de belles photos sur son blog, ici. Immédiatement, j'ai voulu aller sur place et, tellement impatient, j'ai mal lu son texte et me suis précipité au puy de Paillaret que j'avais cru reconnaître : petite déception, car même si j'ai vu trois grosses marmottes, elles étaient bien trop sauvages pour rester à la portée de mon objectif. Je me suis consolé avec les libellules et les grenouilles.
Le lendemain, j'étais au bon endroit, mais au-dessus de moi, un couple avec un chien cherchait son chemin dans les pierres et parlait fort. J'ai pensé que ce serait encore raté, mais heureusement, ils sont partis à gauche. Ouf, les marmottes sont sur la droite.
Ici, la colonie paraît importante, et les marmottes peu farouches. J'ai passé deux heures près d'elles, sans qu'elles se préoccupent beaucoup de ma présence. Elles ne s'éloignaient, sans précipitation, que lorsque je m'approchais trop, à quelques mètres. Elles se prélassaient au soleil, couraient dans les rochers, ou grattaient dans le pré à la recherche de nourriture. Elles ne se sont cachées que lorsqu'un hélicoptère nous a bruyamment survolés. Plus tard, quelques-unes, aux aguets, se sont mises brusquement à siffler en se répondant. Ne voyant rien, j'ai seulement compris que ce n'était pas moi qui les inquiétait, car les sentinelles me tournaient le dos. Puis un renard est passé, longeant le bord supérieur du pierrier, et l'alerte a pris fin.
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Allez, je vois bien que maintenant je ne vous intéresse plus, je vous laisse, jolies marmottes !
C'était un moment magnifique, empli d'émotion. Merci, Nono, merci !
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PS : l'oiseau qui vit sur ces rochers pourrait être le pipit spioncelle :
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(Guide Nathan " Reconnaître les oiseaux sans peine ")
01 septembre 2008
Métamorphoses, la suite
Le mardi 19 août, nous déplorons déjà une perte dans nos rangs : une pupe de diptère - disons, pour simplifier, une larve de mouche, dans son dernier stade d'évolution - est découverte près de N°5, qui donc avait été parasitée.
Mercredi 20, N°5 accouche d'un deuxième intrus.
Jeudi 21, l'horreur continue : le jardinier croit revoir Alien, alors que du corps vidé de son amie N°3 - qui lui avait offert quelques jours plus tôt le spectacle de sa nymphose - s'extrait en se contorsionnant un asticot repu.
Vendredi 22, le jardinier inspecte le fond de la boîte, et découvre dans les orties séchées encore six larves identiques aux précédentes. Parmi les nymphettes immobiles, il ne fait pas de doute que N°2, petite et noirâtre, a elle aussi été infestée. De plus en plus habité par les images d'Alien, le jardinier se demande si dans cet équipage miné par un envahisseur sournois, il trouvera son lieutenant Ripley.
Les jours passent, dans l'inquiétude mais sans nouvelle victime apparente... Jeudi 28 août, dans le cockpit près de ses deux collègues momifiées, N°1 a plutôt bonne mine.
A l'arrière, un mince espoir de survie subsiste pour N°4, qui n'a que partiellement noirci :
Samedi 30 août, l'émotion est à son comble : dans l'après-midi, N°1 laisse apparaître, en transparence, les yeux caractéristiques de son espèce, qui orneront ses ailes déployées. La naissance est proche.
Dimanche 31 août, le jardinier s'empresse de nous rendre visite. Il a compris que N°4 ne s'éveillera pas, mais je suis là, moi N°1, prête pour l'éclosion.
Il va, il vient, il surveille, mais se laisse quand même surprendre, car ma sortie est très rapide. Me voici donc, seul dans cette équipe à atteindre l'état de papillon. On m'appelle
paon du jour
Il faut maintenant me laisser le temps de récupérer, de défroisser mes ailes, de m'endurcir.
Je ne me détache de mon enveloppe vide qu'au bout de deux bonnes heures.

10 h 50 - la trace rouge, c'est un déchet que j'ai éliminé après la naissance
(le méconium, chez les papillons comme chez les humains)
Mes tentatives d'envol me conduisent à la porte. Il est temps que le jardinier l'ouvre.
C'est parti, je vais découvrir le vaste monde ! Après un vol d'une quinzaine de mètres, je fais un premier arrêt, puis je repars, me posant de ci, de là. Je butine un souci, et bientôt je m'éloigne.
Je dispose de beaucoup de temps jusqu'à l'hiver, lorsque le froid m'obligera à chercher un un abri. Je me réveillerai en mars, et je volerai encore jusqu'à la fin du printemps, après m'être accouplé pour que le cycle continue, tant qu'il y aura des orties.
Le jardinier est satisfait d'avoir mené à bien son expérience. Il faut dire qu'encore une fois, André Lequet l'a bien aidé, en décrivant précisément, dans son article consacré à inachis io (c'est mon nom scientifique), toutes les étapes de l'opération.
Quant aux pupes de diptères, elles sont toujours là, mais le jardinier ne les aime pas. Il leur en veut d'avoir causé la mort de ses protégées, et il ne se sent pas une vocation d'éleveur de mouches. Il va les relâcher dans la nature, et les laisser vivre leur vie.

Le 20 septembre, je suis de retour, attiré par les zinnias
(ou bien, si ce n'est moi, c'est donc mon frère)
16 août 2008
Métamorphoses
Nous partîmes cinq cents, et il fallait bien nous pondre en aussi grand nombre, car nous serons sûrement peu nombreuses à arriver au port.
Est-ce là une ancienne tenue abandonnée après une mue, ou le résultat d'une hécatombe ? Quoi qu'il en soit, nous étions encore nombreuses à dévorer nos provisions : un jardinier adepte du purin d'orties avait laissé se développer cette plante délicieuse qui compose tous nos repas. Nous étions là depuis un mois environ, et nous avions subi diverses évolutions. Mais ce n'est que le 9 août, alors que nous étions bien grasses et avions revêtu notre tenue de gala -une jolie robe noire à pois blancs- que l'homme nous repéra.
Nous restions plutôt groupées, mais il ne faut pas nous prendre pour de vulgaires chenilles processionnaires. D'ailleurs, nos épines sont sans danger, nullement urticantes. Elles sont néanmoins impressionnantes, et le jardinier mit du temps avant d'oser nous toucher : il gardait ses gants, au prétexte que les orties, elles, ne manqueraient pas de le piquer.
Sans relâche, nous mangions ces feuilles appétissantes.
Les plus aventureuses partaient explorer les sommets.
Après nous être bien gavées, et ayant atteint les quatre centimètres réglementaires, l'appétit nous a manqué. Nous avons commencé à nous disperser, cherchant un endroit tranquille pour nous transformer en chrysalide. Craignant de nous perdre de vue, le jardinier a retenu sept d'entre nous dans une boîte, à l'intérieur de sa cabane.

D'habitude, à l'endroit qui nous convient, nous secrétons un support soyeux auquel nous nous accrochons, la tête en bas. Mais nous, emprisonnées, ne pouvions aller bien loin. Ainsi nous étions trois, toutes proches, à nous être suspendues au carton qui recouvrait la boîte. Le 14 août au matin, le jardinier eut une surprise : l'une d'entre nous s'était transformée pendant la nuit.
Il s'absenta durant deux heures, et à son retour nous étions deux à avoir revêtu une nouvelle parure, couleur jaune-vert.
Il ne voulait maintenant pas rater la nymphose de la troisième, qui, par chance, ne tarda pas. Quelques soubresauts, la peau qui s'ouvre et fait apparaître progressivement la chrysalide : en huit minutes, le changement était accompli.

10 heures 32, début du processus

10 h 34, vue de dos - 10 h 35, vue de face

10 h 36 - 10 h 37
Il faut maintenant s'agiter pour se débarrasser de l'enveloppe inutile

10 h 38, encore un effort ! - 10 h 40, c'est fait !
Voilà la dépouille, vieux vêtement au rebut
Dans l'après-midi, une autre de nos compagnes s'est transformée, et une dernière le lendemain 15 août. Il restait deux chenilles alanguies, qui semblaient avoir péri.
Nous voici maintenant, cinq fragiles nymphes sous la protection du jardinier. Notre coque va s'assombrir et se durcir, mais il ne devrait rien arriver d'important avant une quinzaine de jours. Sauf accident de parcours, ce sera alors la dernière phase : l'apparition de l'imago.

Les 4 premières, au matin du 16 août

Et la dernière, peut-être trop agitée, s'est détachée de son embase soyeuse
A bientôt, si tout va bien !
01 juin 2008
Deux petits merles
J'avais repéré dans la haie de thuyas un nid avec deux petits merles :
Quatre jours plus tard, ils me jetaient un regard intéressé :
Le jour suivant, il n'en restait plus qu'un :
L'autre avait sauté à terre. Perché à trente centimètres au-dessus du sol, il ne paraissait guère capable de voler. Il m'observait, attendant sans doute que je lui donne la becquée :
Il suivait mes déplacements du regard :
Lorsque j'ai voulu le replacer dans le nid, craignant qu'il soit attaqué par les chats, il s'est enfui sous la haie. Mais sa mère, qui apprécie beaucoup mes fraises, n'était pas loin.
Le lendemain matin, le second avait lui aussi disparu.
Ne sachant si tout cela était normal, je me suis documenté, et Wikipedia m'a dit :
- la femelle pond de deux à six oeufs,
- les petits quittent le nid très tôt, en moyenne au bout de 13 jours, avant de savoir voler,
- ils se laissent tomber en voletant, et vont se mettre à couvert à proximité,
- ils seront encore nourris par leurs parents pendant trois semaines après le départ du nid et suivront les adultes, mendiant de la nourriture,
- les jeunes finissent par prendre leur indépendance et s'envoler, toujours de leur propre chef : ils ne sont jamais chassés par leurs parents.
Je serais presque rassuré, mais on m'indique aussi :
"leur principal prédateur est le chat domestique"
18 septembre 2007
L'écosystème
Quand j'ai creusé la terre pour installer mon bassin, je pensais nénuphars et poissons rouges, et je croyais tout maîtriser.
Mais rien n'a marché comme prévu : un nénuphar s'est propagé outrageusement, tandis que l'autre a végété plusieurs années avant de fleurir. Les poissons rouges se sont reproduits, mais beaucoup sont devenus blancs, alors que petits ils sont noirs.
Périodiquement, des algues se sont développées. La pompe s'est souvent obstruée, et a même court-circuité l'installation électrique.
Il m'a fallu accepter de placer aux abords des décorations hétéroclites : petits nains aux couleurs criardes, ou grenouilles chinoises en résine de synthèse.
C'est une Parisienne faussement extasiée qui m'a éclairé : j'avais créé un écosystème :
" unité fondamentale formée par l'association d'une communauté d'espèces vivantes (biocénose) et d'un environnement physique (biotope) en constante interaction " (Larousse)
Dès lors, tout s'explique ! Chacun mène maintenant sa vie comme il l'entend, et le rôle du Créateur se borne à quelques miraculeuses apparitions, pour changer la pompe, trouver un traitement antialgues écologique, ou céder exceptionnellement aux prières de poissons voraces qui préfèrent la nourriture industrielle.
Donc j'observe, ce n'est pas trop fatigant, et c'est même parfois intéressant.
Les plantes

Nymphaea Gloriosa,
"un triomphe parmi toutes les hybridations de Latour-Marliac"
Les poissons
Les oiseaux
Les merles ont investi la place ; ils surveillent et chassent les oiseaux plus petits qui viennent boire ou prendre un bain.
Au-dessus de l'eau
Une araignée a tendu sa toile, c'est une tétragnathe étirée.
La libellule est peut-être un caloptérix vierge, mais la position qu'elle prend ne me permet pas de la reconnaître formellement.
C'est la dernière venue de la saison. La première à apparaître fut la libellule déprimée :
Puis les petites nymphes au corps de feu sont arrivées :
J'ai pu assister à l'accouplement et à la ponte :
L'agrion jouvencelle les côtoyait :
L'aeschne bleue, très vive, n'a pas été facile à saisir. Mais lorsqu'elle s'est aventurée à l'intérieur sans savoir comment ressortir, elle a bien dû s'accorder un moment de repos :
D'accord, elle n'a pas de bleu, mais c'est en raison du "dimorphisme sexuel" , car c'est une femelle. La preuve, c'est que je l'ai surprise plus tard en train de chercher un endroit pour pondre :
Pour compléter ma collection, le sympètre rouge sang s'est invité :
Pas farouche du tout, il m'a laissé approcher à une vingtaine de centimètres, et s'est même tourné légèrement pour m'offrir son meilleur profil :
*
Au fond, avec six sortes de libellules pour une pièce d'eau aussi petite, il se débrouille assez bien, cet écosystème.

* Je replace au bon endroit le commentaire qui rectifie mon erreur :
Sympétrum strié
Une bonne idée, la mare. Les libellules vont adorer. Juste une remarque, le Sympétrum mâle photographié est un Sympétrum strié (Sympetrum striolatum).
Ischnura - email : admin@libellulesmaizieres.fr - http://www.libellulesmaizieres.fr
04 septembre 2007
Jolies bestioles
D'abord, j'ai vu la scutigère dans l'escalier qui mène à la cave. J'ignorais son nom, mais après l'avoir photographiée, j'ai pu l'identifier et étudier ses moeurs. Les insectes doivent être nombreux dans la maison, puisqu'ils constituent sa nourriture. Jusqu'à présent, je n'avais remarqué que ceux qui m'importunaient : mouches, guêpes, mites, ou araignées.
En ouvrant un peu plus les yeux, j'ai repéré les papillons de nuit, qui se collent aux vitres, attirés par la lumière à l'intérieur. J'aime bien le col de fourrure de l'écaille tigrée, et les plumes du ptérophore blanc.
Beaucoup d'autres me restent inconnus, comme celui-ci, tout petit...
... ou ceux-là, qui ne figurent pas dans mon guide :
En revanche, je connais très bien le sphinx du troène : les élèves de la promotion entrante de l'école où Isabelle venait de terminer ses études avaient offert à leurs aînés un cadeau original : non pas un vulgaire porte-clés, mais la véritable chrysalide bien vivante, de ce papillon qui après plusieurs mois de repos devait au prochain printemps déployer ses ailes. Il m'est revenu de lui prodiguer les soins prescrits par la fiche technique d'élevage qui avait été judicieusement jointe, et lorsque je la réchauffais dans ma main, ma charmante amie me remerciait en remuant la queue ou, plus exactement, son extrémité abdomino-ventrale articulée.
J'avais préparé une cage pour ne pas rater l'éclosion, mais l'événement ne s'est pas produit : le printemps venu, la chrysalide a simplement cessé de se tortiller, et elle est devenue légère, légère...
A cette époque, ce sont les tipules, ou cousins, qui nous ont rendu visite.
En Angleterre, on les appelle "Papa aux longues jambes" (Daddy long legs), c'est joli !
Quelquefois, un grillon (plus petit que celui-ci qui est un grillon des champs) pénètre dans la cuisine.

C'est une femelle, car elle possède à l'arrière un instrument ("oviduc", ou "ovipositeur"), qui lui permet de creuser le sol et d'y déposer ses oeufs
Sur la terrasse, c'est la femelle ver luisant qui plusieurs soirs a allumé ses phares pour attirer les mâles.
Au jardin, dans le lilas fleuri, j'ai observé l'araignée-crabe.
En août, les abeilles ont bien apprécié les figues.
Je n'ai pas voulu photographier les gendarmes (ou suisses) qui abondent, mais dans les mêmes tons avec un dessin différent, j'ai trouvé cet insecte, à peine plus petit :
Il m'a fallu du temps pour découvrir, grâce aux pages entomologiques d'André Lequet , qu'il s'agit toujours du gendarme, mais sous la forme d'une larve âgée, au stade pré-imaginal.
Sur une feuille de haricot, le clairon des abeilles, tout poilu, prenait la pose :
Il porte ce nom car sa larve s'introduit dans les nids des abeilles et se nourrit de leur contenu.
Dernièrement, j'ai surpris cette sorte de punaise, longue d'environ 15 mm, au milieu des noisettes que je venais de récolter. Je n'ai pas trouvé son nom.
En balade, j'ai rencontré (parmi d'autres) un carabe doré à Villossanges, un bousier à Olloix, un cercope rouge sang à Sermentizon :
A Douharesse, sur la PR des roches Tuilière et Sanadoire, c'est, me semble-t-il , un carabe embrouillé (carabus intricatus) qui s'enfuit :
Et en vacances, à Port-Vendres, cette grosse épeire a voulu me barrer le chemin :
A la maison, beaucoup plus jolie, une véritable épeire diadème était recroquevillée, comme morte, avant qu'elle parte à toutes jambes :
Pas de panique, ce n'est qu'une petite femelle, dont l'abdomen ne dépasse pas 10 mm : c'est ce que disent les gros mâles, qui après la copulation se sauvent très vite, de peur d'être bouffés !
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