15 avril 2012

Retour à Thiers

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Drôle de ville, avec son quartier historique perché autrefois riche, sa ville basse, ses usines aban-
données au  bord  de la Durolle. Et, plus récente, sa longue et plate ligne droite, bordée de constructions hétéroclytes, et terminée par un large rond-point où trônait l'imposante guillotine de Dennis Oppenheim(1). Celle-ci, qui était rituellement démontée à chaque manifestation d'agriculteurs, a fini par renoncer ; où ses débris se cachent-ils aujourd'hui ?  



Le dynamisme affiché à la sortie de l'autoroute ne reflète pas forcément la réalité économique


Pourtant, même surmontée d'une rampe d'autoroute, et longtemps défigurée par par une barre d'HLM, la ville haute a conservé sa fière allure.

 

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tableau     

Là-haut, une ville riche s'est élevée,une ville bariolée
de  couleurs  tendres  et rieuses que les voyageurs   
comparent  à une  ville d'Italie,  une ville quasi neuve
avec  des  fontaines,  des  édifices, des routes !   (3)

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Mais, hormis l'emblématique maison du Pirou, les immeubles de prestige semblent manquer d'entretien, et certains perdent leur activité, à l'exemple du Tribunal ou de la Banque de France. 

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Dans les raides petites rues dévalées par les enfants que François Truffaut avait pris plaisir à filmer(4), ce ne sont, à l'exception des magasins de coutellerie, que vitrines mortes et façades décrépites, qui régulièrement s'effondrent. Seules les familles d'origine turque, immigrées lorsque la coutellerie était florissante, acceptent encore de vivre dans ces immeubles vétustes. Malgré les efforts de la municipalité, la situation s'aggrave : depuis plusieurs mois, la rue de la Coutellerie est en partie évacuée et fermée par des palissades, sans qu'une date de réouverture puisse être fixée.

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Depuis la terrasse des remparts, le panorama sur le lointain massif du Sancy reste somptueux, mais on ne peut manquer de remarquer, en se retournant, la longue devanture noirâtre qui fut celle (on le devine sous la crasse) de Défimode. Les ruelles gardent leur charme, avec leurs maisons à pans de bois et les peddes qui les traversent.

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Le coin des hasards
 

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rue Conchette
 

Dès le Moyen-Âge, un château s'élevait à Thiers. Il en reste des murailles (sur lesquelles se sont appuyées les maisons branlantes), et un porte près de l'église Saint-Jean. Au-delà, les escaliers et les sentiers creusés à flanc de rocher (les pâtières) descendent vers la rivière.

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vigne dans les jardins de l'hôpital
 

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bain de soleil face aux usines


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(à suivre : Le Moutier, la vallée des usines)
  

1- L'oeuvre, créée lors du symposium de sculpture monumentale métallique organisé en 1985, a été démantelée à l'approche de l'an 2000.

2- Tableau de Théodore  P.E. Rousseau, 1830.

3- Extrait de La Ville noire, de George Sand, 1861.

4- Dans L'Argent de poche, sorti en 1976. 


 

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01 avril 2012

Les fresques de Châtel-Guyon

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A Châtel-Guyon, la sainte Anne qui veille sur l'église est de facture rustique. Modeste jusque dans sa tenue de paysanne en sabots du pays brayaud, on dirait une cousine de Bécassine dorlotant un ouistiti. Ce n'est pas une moquerie : la ressemblance  me semble évidente.

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A l'intérieur, en revanche, Nicolas Greschny s'est montré beaucoup plus démonstratif. En deux mois, durant le terrible hiver 1956, il a recouvert d'images pieuses les 900 m2 d'espace disponible. On admire le bel ouvrage, même si ces jolies illustrations n'ont pas toutes une puissance évocatrice très forte. 

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 Les quatre cavaliers de l'Apocalypse


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Adam et Eve  

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L'archange Saint Michel terrassant le dragon à sept têtes 
 

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Moïse présentant la manne céleste aux Hébreux

 

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Le baptême de Jésus, et la Jérusalem céleste d'où sortent les quatre fleuves
 

 

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Les verrières sont en cristal de Baccarat incrusté dans du ciment armé 

 

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Sur la butte dominant l'église s'élevait autrefois le château du comte Guy II ("Castel Guidonis", qui a donné son nom à la ville), croqué ici par Guillaume Revel. 

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Slobo lui a redonné un semblant de vie, sur un pignon. 

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Mais au sommet  il ne reste aucune trace du château : seulement le calvaire, et une table d'orientation. 

 


 PS- Mais oui (voir le commentaire de Cécile), c'est bien le chanoine Jean Puyau qui a commandé les fresques :

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